mercredi 9 juillet 2014

NOTRE JOURNAL PERSONNEL

Tout au long de notre séjour, nous avons tenu un journal personnel en français afin d'écrire spontanément nos réflexions sur notre expérience culturelle... Une autre façon, moins académique de vivre et s'exprimer dans la langue... Il est toujours très intéressant de voir la différence entre les premières et les dernières entrées d'un journal... du point de vue de la longueur et du point de vue de la profondeur :ou comment la langue étrangère devient de plus en plus la sienne.

Voici quelques citations témoignant très bien de ce caractère introspectif du journal. Elles sont restituées de façon anonyme afin de respecter l'identité de leur auteur-e. Elles forment un florilège merveilleux et très profond :

"Les premiers jours étaient comme une brume; un jour avait le sens d'être un an."

"Je suis un peu stressée mais je sais que tout se passera bien." 

"Pour moi c'est intéressant que les français aiment le Nutella et la crème de marron mais pas le beurre de cacahuète."

"Cette situation me donne encore un autre exemple des préjugés et pourquoi il faut en avoir aucun. On ne sait jamais ce qu'une personne peut faire ou savoir sans parler avec elle."

"Aujourd'hui, j'ai été en France pour une semaine. C'est incroyable. Je me sens comme si j'étais ici depuis toujours. La France est intéressante parce que c'est très similaire et très différent de chez moi."

"Il y avait des phrases en haut sur les murs. Ma préférée était "Quand on prend le temps de voir, tout se construit." Gérard Rondeau. Je l'aime beaucoup, elle est reliée avec mon expéreince ici à Aix, si je prends le temps de ne pas juger, tout se construira."

"Maintenant, je veux explorer l'OULIPO et l'idée de S+7. Je vais prendre un extrait d'une nouvelle que j'ai lue dans mon cours de littérature et puis la changer en S+7 (...) je crois que S+7 nous donne une autre perspective sur un texte. On peut vraiment focaliser sur les verbes sans être distrait par les noms. Le texte avec et sans S+7 donne le maximum d'informations, à mon avis".


"C'est une chose que je n'aurais pas trouvée sans la classe. Je n'ai jamais vu une exposition comme ça et je l'aime."

"Il était étonnant de voir les artistes et leurs espaces ont ressemblé au style de leur travail."

"Aujourd'hui, j'ai travaillé sur mon projet pour le cours de French Honors Program. Au début, j'étais craintive parce que je n'ai pas vraiment su ce que je voulais faire pour ce projet... J'ai décidé d'employer la créativité de Georges Perec. J'aime bien son livre Espèces d'Espaces donc j'ai voulu travailler avec ce texte pour la partie créative du projet." 

"Maintenant je me demande si le temps peut être un autre type d'espace. J'ai regardé la liste de Georges Perec et il inclut "espace-temps"... Quand je retourne aux Etats-Unis, je voudrais explorer le temps comme un espace mais maintenant je n'ai pas assez de temps (ou peut-être le manque de temps est aussi une forme d'exploration ?)


Hier, nous avons vu  la performance de Bernard dans les rues d'Aix-en-Provence. Cette performance était très bien ! Bernard est très talentueux. On peut voir qu'il aime la danse et j'apprécie sa performance. Pour moi, il était très intéressant de voir ses interactions avec les gens de la rue . Il était aussi amusant de voir le match de foot."

"Ce soir, nous avons regardé le danseur dans les rues.(...) Il a partagé l'espace avec les spectateurs de foot. C'était très intéressant parce que l'espace de l'art et l'espace du sport sont souvent très différents. Sa musique était les bruits de la rue. Il a utilisé son corps, très profondément. Les interactions entre lui et les gens (dans la rue ou spectateurs) étaient très drôles. Je suis ravie de parler avec lui mercredi en classe !"


"Ce soir, je suis allée avec la classe de FHP de voir un pièce de danse qui s’appelé « Mobil’Homme, » créer par Bernard Menaut. Il danse la rue— comme une personne possédé. Il utilise son corps dans la rue. Il n’est pas peur de jouer avec les personnes, les choses, encore des voitures dans la rue ! C’était magnifique. J’ai vu que ils y les étudient qui étaient mal à l’aises—mais pas moi. J’ai aimé de voir les visages des autres spectateurs dans la rue. En général, les personnes qui ont vu Bernard, ils ont souri, mais il était vraiment clair qu’ils sont mal à l’aise. Je voudrais de voir des autres choses qui créent par Bernard et je suis très impatiente de parler avec Bernard mercredi".

"J'aimais beaucoup regarder le danseur ce soir. C'était amusant et drôle mais il m'a fiat penser un peu à Sophie Calle. Il est entré dans les espaces des autres comme elle (mais pas de la même façon). Je crois que pour la plupart il a étonné les gens mais ne les a pas vraiment dérangés... Il respecte l’espace et les autres dans l’espaces quand il joue dans l’espaces. C’est une chose extraordinaire à mon avis".

"Je suis très bouleversée. Une partie de mon âme veut rester ici et adopter les idées des français, mais je sens que je dois "tenir le moment" pour voyager quand je suis ici".

"J'ai appris beaucoup sur la langue dans mon séjour à Aix. Avant que je sois venu en France, j'ai cru qu'une langue étrangère devait simplement être traduite en anglais pour la comprendre. /ais après l'étude et la lecture de gens comme Georges Perec, Nathalie Sarraute ou Albert Camus, je peux voir que les mots ont une profondeur et une histoire et ils ne peuvent pas être simplement traduits."

"Dans ce cours aujourd'hui, nous avons discuté l'espace public vs l'espace privé. Notre mère d'accueil nous a dit qu'elle est choquée quand les américains s'embrassent avec le corps; c'est très intéressant parce que je préfère étreindre quelqu'un et pas faire une bise sur le visage." 

"J'aime beaucoup le bacon. C'est abominablement américain mais je m'en fiche. Je suis américaine... abominablement américaine. je pense qu'en Amérique je ne suis pas si américaine. C'est amusant, comme ces choses marchent".

"J'ai mangé seule pour ramasser mes pensées."



"Aujourd’hui je suis allée de Parc Jourdan et j’ai marché dans les autres rues que je n’ai pas connues. Il est un pezu bizarre parce que sans réaliser, j’ai fait les expériences de Perec—j’ai lu les noms de rues et j’ai vu les personnes. J’ai fait attention quand les deux choses (les noms des rues et les gens) sont assorties. Au parc, j’ai lu un peu de Michaux. Après j’ai trouvé un nouveau chemin pour aller chez moi. J’aime les après-midis comme ça et ils vont me manquer quand je partirai de France".

"Le souci est où est chez moi ?... je ne sais pas encore. Peut-être tout. Peut-être rien. Peut-être chez moi c'est où je suis au moemnt - à n'importe quel moment.

 "Quelquefois, j'oublie que je suis en France."


"Quand j’ai pensé sur les dernières 5 semaines, je suis fière que ma capacité de langue soit beaucoup mieux. Je ne sais pas si ma capacité d’écrire la langue est mieux, mais je sais que je comprends et parle le français. « Ma mère française, » Béatrice dit que mon accent est bien meilleur aussi. J’ai eu beaucoup d’expériences différentes à Aix mais je sais que la chose que je vais emporter avec moi est un nouvelle confiance de parler et comprendre la langue française, et c'est la chose plus importante pour moi".

 


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